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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 12:08

Bonjour,

 

Vous n'êtes pas beaucoup mais tous les jours quelques personnes viennent sur mon blog.

 

Alors oui je ne pense pas que j'écrirais de nouveaux articles.

 

Mais :

- si vous souhaitez laissez un commentaire n'hesitez pas

- si vous souhaitez poser une question  n'hesitez pas

 

J'y répondrais du mieux que je peux (sauf si je pense qu'il n'y a rien à répondre, ça peut arriver)

Et ça me donnera peut être l'occasion de faire de nouveau post.

 

Merci de vos visites

Published by Léto
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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 08:25

Quand j'étais internée, le psychiatre qui me suivait m'a dit que les causes de ma maladie était à 70% génétique.

 

Effectivement dans ma famille, surtout du coté de ma mère, on retrouve beaucoup de problème psychiatrique : ma mère, 2 de mes cousines, mon cousin et surement ma grand-mère.

 

Le fait d'être élevé dans un milieu "malsain" doit y être pour quelque chose aussi. Je pense sincerement que si ma mère avait pris conscience de sa maladie et avait décidée de se faire soigner, je n'aurais pas vécue la même enfance et donc j'aurais peut être échapée à ma crise de folie. Mais les problèmes psychiatriques était gérer differement à son époque. C'était beaucoup plus difficil de se faire soigner si on était que "borderline".

 

Alors c'est moi qui décide maintenant de couper les ponts de cette maladie pour que je ne la transmette pas. Je fais au mieux même si... même si je sais que je ne suis pas tout à fait normale, même si je m'accroche à la réalité et que parfois ça dérape, même si je ne suis pas la femme normale que décrive journaux, tv et entourage. Je suis normale dans le sens : apaiser, sereine, ouverte aux autres, juste dans mes jugements (du moins j'espère). Je suis anormal dans le sens : je n'arrive pas à aller loin de chez moi ou dans des endroit que je ne connais pas toute seule; j'ai beaucoup de mal à nouer des liens d'amitié (je ne dois pas être une bonne copine et puis j'ai peur des femmes et de leur jugement); j'adore rester claquemurer chez moi; j'ai un coté très garçon (j'ai beaucoup de mal à assumer ma féminité); je suis devenue trouillarde.

 

Avant mon délire paranoïaque, je vivais plus à l'extérieur, j'avais des amis, je n'avais pas peur mais j'avais un grain. Maintenant je vie à l'intérieur plus qu'à l'extérieur et j'ai des peurs irrationnelles mais je me sens plus apaiser, plus sereine, plus tranquil. C'est assez paradoxal : quand je me relis cela donne l'impression que j'étais mieux avant qu'àpres. Mais c'est le contraire. Je suis beaucoup plus pausée, j'aprécie plus la vie autour de moi, je suis beaucoup moins dans l'attente, dans l'angoisse et la colère, mes relations familials sont plus détendue, moins conflictuel. Mais effectivement, j'ai encore beaucoup de travail pour surmonter la faille à l'intérieur de moi.

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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 08:53

Un post pour répondre au dernier commentaire de Félicité-mafoi du billet précédent.

 

Il y a 2 souffrances : celle de la maladie, du délire paranoïaque, incommensurable et qui n'a pus être soulagée que par des medicaments à haute dose et une hôspitalisation de 3 semaines. Et puis il y a celle qui amène à la guérison, les scéances avec le psychiatre et/ou le psychologue, celle de revivre ces moments de coeur d'enfant brisé et d'autres... plus perturbants.

 

Alors oui quitte à choisir entre les 2, je préfère la 2e qui est une vraie solution. Mais j'ai vue tellement de psy (3 psychlogues et 2 psychiatres) que je sais que ce chemin n'est pas facile non plus. Il faut vraiment avoir en face de soi un soignant qui utilise les bons mots pour qu'il y est soulagement. Et il faut aussi que je sois capable d'écouter. Je me rend compte grâce au psychiatre qui me suis actuellement qu'auparavant je n'arrivais pas vraiment à écouter mes soignants ou alors je les comprenaient de travers ou alors ça ne collait pas ou c'est ce psychiatre qui est vraiment bon. Ou alors c'est simplement le bon moment. Parce que j'ai toujours eut envie de savoir ce qui n'allait pas chez moi, toujours chercher ma blessure depuis mon adolescence. Mais ce n'est que maintenant que je commence à sentir que peut être je vais guérir.

 

Il faut savoir que j'ai très très peu de souvenir de moi enfant. Mes souvenirs commencent vers 9-10 ans. Avant c'est quasiment le black out total. Et ceux sont surtout des mauvais souvenirs. Alors c'est sûr que j'ai peur de ce dont je ne me souviens pas, si déjà ce dont je me souviens est pas terrible. Mais comme dit Félicité-mafoi et mon psychiatre : la réalitée doit être moins atroce que le délire.

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 12:20

L'un des traits particuliers du paranoïaque c'est qu'il est très persuasif; c'est à dire qu'il n'est pas complètement dans le délire chimérique et que la pluspart des gens le croit même s'il raconte des mensonges.

 

Avant mon hôspitalisation, le plus facil à convaincre a été le forum où j'écrivais tous les jours. Pendant ma crise qui ma amené à l'hôpital j'ai même réussit à presque convaincre mes parents. Mon père et ma mère savait que j'étais malade mais ils ont quand même eut un doute : et si tout ce que je disais était vrai ? C'était possible, c'était crédible. D'autant plus que je mélais le vrai au faux. Par exemple : les caméras qui me surveillent : mais oui il y a bien 2 caméras dans le salon. Débranché et l'objectif tourné vers le mur mais elles sont bien là. Il n'en suffit pas de plus pour qu'une mère se dise "pourquoi pas ?".

 

A l'hôpital aussi ils ont vérifié : on ne sait jamais. Dans mon délire je disais que j'avais été drogué à mon insue pour être violée. On m'a fait des analyses pour être sûr. C'était bien un délire, personne ne m'avait droguée mais il fallait que les médecins vérifient.

 

C'est pour ça que je ne vous raconterait pas en détail mon délire paranoïaque. Parce qu'il suffirait qu'une seule personne me dise : mais ça pourrait être vrai, IL t'a fait peut être tout ça, c'est possible; pour que mon cerveau redéraille peut être. Je ne veut pas prendre le risque. Même avec les médicaments, je suis fragile : j'ai déconné une fois, je sais que cela peut recommencer. Il y a des moments où je me sens forte et loin de la maladie et d'autre où je sens une frontière tenue et si facile à franchir.

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13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 11:38

Je serais absente pendant au moins 2 semaines

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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 18:04

Avant mon hospitalisation, dans ma longue descente aux enfers, progressivement je ne croyais plus aux coïncidences (surtout sur internet). Les coïncidences sur un nom, un fait, n'importe quoi, dès que cela me parlait, me disait quelque chose, c'était forcéments que l'autre, que ILS étaient au courant de ma vie, qu'ON essayait de me faire passer un message. Et mon cerveau carburait à fond les manettes : comment peuvent ils être au courant ? Que veulent ils me dire ? Et c'est l'engrenage vers les écoutes et les caméras planqués chez soi; vers le "piratage d'ordinateur"; vers le "fichier" de la police. Et tout ça part uniquement à cause d'un simple nom, un simple mot qui fait TILT dans la tête.

 

C'est épuisant. Je n'en dormais pas, cherchant, explorant toutes les possibilités du pourquoi et du comment. J'en suis arrivés à dormir à peine 2h par jour. Et plus j'étais fatiguée, plus j'étais receptive à la maladie. Plus je faisais bosser mon cerveau. Un psychiatre à l'hôpital m'a dit : "vous avez fait marcher votre cerveau comme une ferrarri alors que vous n'avez qu'une R5". Pas très flateur pour mon intellect que je considère quand même un peu plus élevé qu'une R5, mais la métaphore est exacte.

 

Maintenant je me surveille. Parce que cela m'arrive encore de me dire "ça ne peut pas être une coïncidence". Alors je me force à me dire le contraire. A me convaincre que cela ne peut être qu'une coïncidence. Et surtout à ne pas y réflechir de trop et à rapidement passer à autre chose. Heureusement ça marche (et encore merci aux médicaments. Sans eux je ne suis pas sûr d'y arriver)

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 18:07

La folie étant souffrance (je n'ai pas eut l'occasion de rencontrer un malade mental heureux), je pense qu'il est "normal" que la plus part des malades mentaux aient une addiction à une "drogue" (clope, alcool, pétard). Tous ne l'ont pas. Mais déjà j'ai remarqué 2 choses :

- à l'hôpital une grande majorité de malade fumait des cigarettes

- à l'hôpital il y avait de nombreux articles s'interrogeant sur la consomation du cannabis des malades mentaux. Les medecins se demandent encore si cette addiction est une conséquence de la maladie ou une cause. Je penche pour un peu des 2. Je m'explique :

 

Le malade souffre beaucoup donc il a tendance à rechercher des choses qui vont atténuer ses souffrances psychiques. Le cannabis a exactement cet effet : il permet d'oublier, d'être calme et c'est un très bon somnifère. Je parle en connaissance de cause, j'en ais fumée pendant des années. Malheureusement je pense aussi qu'à coté de ces effets "bénéfiques" d'appaisement, il n'aide surement pas à résoudre ses problèmes, voir les accrois.

 

Ce qui est étrange c'est que beaucoup de malade râle à l'idée de prendre leurs médicaments quotidiennement mais ceux qui fument ne râlent absolument pas d'être obligé de fumer leur clopes et leurs pétards tous les jours. Je pense que la différence est que dans le cas de l'addiction c'est la personne qui gère; dans le cas des médicaments, c'est le medecin qui a le contrôle. C'est pourquoi j'aime beaucoup mon psychiatre : il me laisse beaucoup de choix quand à ma médication. J'ai l'impression que c'est moi qui ais le contrôle de mes médicaments. Et contrairement aux pétards (que je ne fume plus) et aux cigarettes, je n'ai pas envie d'en surconsommer.

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31 juillet 2010 6 31 /07 /juillet /2010 21:15

La folie n'arrive pas soudainement. Elle vient progressivement. Elle a mis à peu près 1 an à venir.

 

Je me souviens exactement du jour où j'ai commencé à m'enfoncer dans le virtuel : c'était un 31 décembre, seule. Mon jeu, un Multi-joueur, prenait des plombes pour se charger. J'étais triste : Il n'était pas là avec moi. J'étais crevée, épuisée et je me suis évadée dans ce jeu.

 

Le probleme c'est que c'était mon 1er jeu on-line. Je ne savais pas comment cela se passait et plus que le jeu, j'étais en quète d'amitié, de relation. Et petit à petit j'ai commencée à peter une durite.

 

Je cherchais des amis mais comment se faire des amis dans le virtuel quand on est pas bien ? Ca vire forcément en noeud de boudin. Comment avoir confiance quand on ne voit pas la personne, quand on n'est ni sûr de son sexe ni de son age ? Fatalement c'est la cata. Et c'est de pire en pire.

 

C'est difficil à expliquer. Ca à l'air tellement simple pour les autres. Pour moi, internet est un danger permanent. J'ai adorée mon jeu. Mais plus que le jeu c'est les relations avec les autres joueurs qui me faisaient... flambée ? Je ne trouve pas d'autre mot. Le jeu ne me donnait qu'un décort, qu'un mobile; c'est le contacte avec d'autre personne qui me faisait des poussée d'adrénaline. Et ce n'était pas sain. D'autant plus parce que mon cerveau commencait à imaginer des choses.

 

C'est très dur à expliquer. J'aurais voulus être mon personnage. J'aurais voulus partir de ma vie que je trouvais trop dur. Ma famille autour de moi ne m'aidait pas. J'avais l'impression d'être seule au monde à gravir l'Everest. Alors pouf, je suis partie, dans un autre monde, avec d'autre monstre. Ma maladie est un appel au secour. Certaine font des tentavites de suicide (j'en ais fait ado mais sans reel danger), d'autre font de l'anorexie (j'en ais fait une petite année) moi j'ai fait une grosse crise de paranoïa.

 

Mais elle n'est pas venue d'un coup. Avant de faire ma crise de délire, j'en ais fait plein d'autres mais plus petites : papa, je crois qu'on m'espionne. Mais non chérie, tu n'es pas assez importante. Ah oui. Un mois plus tard rebelotte : papa, je crois qu'on a piraté mon ordinateur. Mais non chérie, pourquoi on piraterais ton ordi ? tu n'as rien à cacher. Ah oui. Et comme ça jusqu'à ce que le volcan entre en erruption.

 

La folie ne vient pas d'un coup. Elle rentre progressivement. Et j'ai eut beau chercher un psychiatre, je n'ai trouvé qu'un psychologue qui n'a pas vue le volcan. Maintenant je me protège. Je ne veut plus jamais de volcan.

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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 08:13

C'est La grande question.

 

Depuis que je suis adolescente, je rêve de normalité. J'ai atteind une partie de mon but : ma vie est normale mis à part ma maladie mentale et ces conséquences (qui sont quand même très bien gérer : mes connaissances ne se doutent absolument pas que j'ai un problème psychiatrique, timide oui, distante et un peu coincée oui, mais psychiatrique surement pas, vive les médicaments).

 

J'avais lu dans le "Que sais je" sur la paranoïa que cette maladie ne se guérissait pas. Mon psychiatre vient de me dire le contraire. Il veut que je vois une psychologue pour résoudre mes angoisses et arréter mes médicaments. Je dois dire que là où je diffère de beaucoup de paranoïaque c'est que j'ai conscience d'avoir péter un cable. J'ai conscience d'avoir délirer, d'avoir inventer des ennemis. J'ai conscience quand je commence à m'aventurer sur le chemin de la folie. Cela doit être pour cela que je suis peut être guérissable. Et puis oui j'ai envie de m'en sortir. De vivre dans le doute de soi même est épuisant et douleureux. Heureusement ce n'est pas tout le temps.

 

Mais j'ai un certain appriorie sur les psychologues. J'en ais vue beaucoup avant d'avoir ma crise de délire. Je ne sais pas s'ils m'ont apporté beaucoup de choses. J'ai l'impression que c'est plus moi en prenant des bonnes décisions dans ma vie qui me suis guéris toute seule un peu plus à chaque fois. J'ai même eut l'impression que le psychologue que je voyais juste avant ma crise a, sans s'en rendre compte, accéléré ma chute. En tout cas il ne l'a pas ralentie, ça c'est sûr. Et pourtant il en a eut des signes que je commençais à péter les plombs. Je lui ais dis que je croyais que la télé me parlait, me donnait des indications sur ce que je devais faire. Il m'a dit "vous vous rendez compte que c'est votre inconscient qui parle ?". Je lui ais répondue oui et le symptôme a disparue mais mon cerveau est partie se balader ailleur et le problème s'est agravé sans que mon psychologue puisse l'enrayer.

 

Mais bon là ça va être une psychologue du cmp et pas choisie au hasard. Elle va être au courant de mon passé psychiatrique. Donc je vais essayé d'être optimiste et me dire que peut être enfin un travail psychologique va m'aider à résoudre mes problèmes. Mais j'avoue que j'ai un peu peur de vivre sans mes anti-psychotique. La dernière chose que je souhaite c'est de refaire une crise de délire. Et ce n'est pas l'hôspitalisation qui me fait peur; c'est ce que je suis capable de dire et de faire pendant une crise qui me fait peur.

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25 juillet 2010 7 25 /07 /juillet /2010 10:07

Certain l'appelle HP comme ça seul ceux qui baignent de dans peuvent les comprendre. C'est pourquoi moi je tiens à l'appeller normalement : l'hôpital psychiatrique. Là tout le monde comprend de quoi je veux parler.

 

Certain le voit comme une prison et rêve que cela soit un hôtel 5 étoiles où le personnel assouvirait leurs 4 volontés et serait aux petits soins.

 

Je vois l'hôpital psychiatrique comme un hôpital normal : on y est pour être soigné. Et comme un patient qui doit subir des examens contraignants, le malade mental doit aussi subir des mesures contraignantes.

 

Je vous ais raconté une partie de mon entrée à l'hôpital ici : n°5 : Dans la tourmente, un moment de bonheur

Voici la suite.

 

Dans le bâtiment où je séjournais chaque étage étaient différents. Je ne les ais pas tous visité et je ne pourrais même pas vous dire s'il y avait 5 ou 6 étages. J'ai démarré au 2e, endroit donc fermé, impossibilité pour le malade de sortir mais impossibilité aussi pour le visiteur non invité d'entrée. Dans cette porte fermée à double tours c'est cette impossibilité d'intrusion que je retenais et qui me soulageais. Au début cela ne me génait absolument pas de ne pas pouvoir sortir et j'étais heureuse de savoir que personne ne  pouvait rentrer sans l'approbation des medecins. Cela me donnait une très grande impression de sécurité. Il faut savoir que depuis mon adolescence j'ai un cauchemard réccurent où des gens, même parfois ma famille rentre chez moi pour faire la fête ou tout changer (les meubles, la déco) sans me demander mon avis. Dans ce cauchemard les gens rentrent en général quand je dort (oui je rêve que je dors et que je peut "voir" ce qui se passe sans ouvrir les yeux) et c'est très stressant parce que je ne peut rien faire pour les empecher d'être chez moi. Là où il y a un mieux c'est qu'auparavant quand j'essayais de crier, de m'énerver pour les mettre tous dehors, impossible de pousser le moindre hurlement, je ne pouvais qu'à peine chuchotter; maintenant j'arrive enfin de temps en temps à crier et ça soulage. Vous comprenez peut être ainsi un peu mieux le pourquoi j'ai aimé non pas qu'on m'enferme mais qu'on ne puisse pas rentrée dans mon sanctuaire qu'était pour moi l'hôpital psychiatrique.

 

Au bout de quelques jours (1 semaine surement) quelques malades dont moi ont eut l'autorisation de "sortir" dans le petit jardin attenant au batiment et dument grillagé. Il y avait des infirmières avec nous. C'était comment dire ? Quand j'était malade, j'interprétait mal le monde exterieur (ce qu'on me disait, ce que j'entendais, ce que je voyais). Pendant une semaine au 2e étage de l'hôpital psychiatrique, le monde exterieur se limitait à très peu de chose, d'autant plus à cause des médicaments qui m'enrobaient de coton. J'étais comme dans un cocon avec le minimum de contacte et de stimulis externe. Et là, en sortant dans ce petit jardin, tout d'un coup, je remettais un doigt de pied dans le monde : l'herbe, les arbres, le ciel, le vent. C'était presque comme si je venais de renaitre, tout paraissait nouveau et légerement étrange. Et puis il y eut 2 choses : d'abors un jeune homme encapuchonné dans son jogging est passé à coté du jardin et m'a fait peur rien que part sa capuche qui ne permettait pas de voir son visage . Et puis une des infirmières à jouer avec des petites marguerites entre ses doigts : j'ai fondue en larme de tristesse. Ces petites fleurs me rappellaient ma famille et j'était pour la 1ere fois depuis mon hôspitalisation malheureuse d'être séparée des personnes que j'aimais. Ca a été le signal de départ pour tout le monde, les infirmiere nous ont tous fait remonté au 2e étages.

 

Peut après le psychiatre qui me suivait m'a demandé pourquoi j'avais pleuré et je lui ais raconté ce que m'avait fait penser les marguerites. A partir de là j'ai commencé à aller mieux. J'ai voulue m'occuper au lieu d'être zombie. Je ne pouvais ni lire ni écrire à cause des médicaments alors j'ai réussi à obtenir des mandala à colorier; ma famille m'a procurer un lecteur de cd. Mais la réserve de mandala c'est épuisée et l'infirmier n'a pas voulu m'en donner d'autre et j'ai commencé à tourner en rond. Je me souviens j'étais dans le couloir, casque sur les oreilles et je faisais les 100 pas. Je n'avais pas envie de parler dans le fumoir avec les autres, je n'avais pas envie de dormir, je n'avais pas envie de penser, réflechir. J'avais envie de SORTIR. Enfin. J'avais envie d'aller dehors, de m'offrir un cappuccino et de lire un magasine à la cafet. J'avais envie de voir ma famille. Et je faisais les 100 pas parce que j'avais enfin envie de BOUGER. Et là dans le couloir, un(e) infirmier(e) est venue me voir : "vous changez d'étage, vous allez monté au 4e". J'ai sauté de joie et demandé la permission d'appeller ma famille pour les prévenir. Parce que sur le coup je ne me rendais pas compte que j'allais mieux. C'est parce que les medecins me changeaient d'étage que je me suis dit que j'allais mieux.

 

Cette nouvelle a boulverser une de mes voisine de chambrée. Elle ne comprenait pas pourquoi, moi qui était arrivé apres elle, je partais avant elle. Je ne savais pas quoi faire, ni quoi dire. Son fils était justement venue la voir. Et soudain elle lui dit : " je veux les mêmes feutres qu'elle" en me pointant du doigt. Les feutres, toutes ses couleurs avec lesquel j'avais colorié soigneusement mes mandalas. J'en avais un en double. Je l'ais donné à son fils, j'ai pris mes valises, j'ai passé la porte ouverte rien que pour moi et je suis montée au 4e. Heureuse. Mais pas encore guérie.

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  • : Accrocher à la réalité : témoignage d'une folle lucide
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  • : Ayant subie une crise de délire paranoïaque il y a quelques années, je livre mon témoignage sur ce que j'ai vécue et mon opinion sur cette maladie
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Je ne suis pas médecin, ni psychiatre, ni psychologue

Si vous avez un problème psychiatrique : allez consulter, prenez vos médicaments.

Chaque malade est different : je ne prétend pas que tout les malades mentaux réagissent comme moi

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