Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 18:36

Je suis pour Internet. C'est un outil fantastique. Mais quand on est malade, quand on est paranoïaque c'est un formidable outil de torture.

 

C'était avant ma grosse crise de délire, avant mon hospitalisation. Je commençait à aller mal et internet m'a donné un terrain fertile à la paranoïa.

 

Je n'avais aucune connaissance (ami, famille) Vrai (irl). Et tout doucement je me suis inventé des ennemis. C'est encore plus facile que dans la vraie vie. Une coincidence, un mot par çi par là et hop je me créait tout une histoire.

 

J'ai crue que la police, la DST me contactait. J'ai crue qu'on m'en voulait à mort. J'ai fait croire à mes délires de tromperies et de persécutions à des inconnus qui abondait dans mon sens, juste parce qu'ils remettaient pas en doute ce que j'écrivais.

 

J'étais en plein dans la descente en enfer et personne n'aurait pus me faire lacher internet pendant cette periode. Parce qu'internet était ma porte  vers les autres gens. Je n'arrivais pas à me faire d'ami. Internet était mon journal intime interactif, mon terrain de "jeu", de "je", mon bistro, ma cour de récré.

 

Dans la vraie vie, pour qu'un parano ais des arguments il faut qu'il travestisse la réalité et ça demande beaucoup d'énergie.

 

Dans internet, la folie est à porter de main, de doigt plutôt : il n'y a de reel que les écrits. Et les écrit ne sont pas des actes. Les écrits sont modulable à volonté.

 

La pire de mes tortures a été de penser qu'une même personne prenait des pseudo différents. Cela existe je pense. Mais je me sentais persécutée, harcelée. Je voyais mon persécuteur partout. Et j'ai pétée mon 1er cable. Qui était socialement encore acceptable. Mais c'était bien la 1er marche vers l'enfer.

 

Aujourd'hui, je ne vais plus du tout sur les tchats. J'en ai bien trop peur. Je sais que je vais interprété tout ce qu'on me dit et la porte est grande ouverte vers la paranoïa. Comme si j'était quelqu'un de très important et qu'Ils attendaient tous que je me connecte pour tout savoir de moi et m'utiliser selon leur bon vouloir. C'est une des caractéristique de la paranoïa : se croire supérieur et en même temps vouloir cacher ses faiblesses de peur d'être manipulé. Donc pas tchat. Plus jamais.

Repost 0
Published by Léto
commenter cet article
6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 08:15

CMP : Centre Médico-Psychologique

C'est gratuit (les médecins, psy, secretaires sont payés par la sécu et vous n'avez pas besoin d'avancer de l'argent) et "anonyme" : vous n'avez pas besoin de présenter de carte vitale ni de pièce d'identité.

Il en existe pour les adultes et d'autre spécialement pour les enfants et les ado. Je connais les 2 et pour les 2 j'ai un avis extrèmement positif.

 

Quand j'allais mal, avant mon internement, j'ai cherché un psychiatre : 6 mois d'attente pour l'un, plus de crénaux pour l'autre et copieusement envoyé bouler par la secretaire. Je ne connaissais pas les CMP. Dommage. J'aurais pus avoir un rendez-vous en 3 semaines là-bas et j'aurais pus peut etre évité l'internement.

 

Après mon internement, j'allais encore mal et ma psychiatre de l'hôpital qui me suivait en externe m'a bombardé de médoc. Effet zombie garantie. Au bout d'1 an 1/2 mon époux et moi, nous décidons ensemble d'arreter les médicaments et de changer de psychiatre. C'est là qu'on nous conseil le CMP. J'explique à ce nouveau psychiatre que je n'en peut plus d'être un zombie et que j'ai pris la décision d'arreter les médicaments. Stupéfaction : il me comprend, respecte ma décision et me laisse la porte ouverte (si vous avez besoin, n'hésitez pas à revenir). Au bout de 4 mois effectivement je suis revenue mais il ne m'a pas shooté, il m'a prescrit un anti-psychotique à une dose raisonnable et a même baisser la dose petit à petit.

 

Coté CMP enfant et adolescent je ne souhaite pas rentrer dans les détails mais j'ai trouvé là-bas une équipe disponible et dévouée à l'enfant et respectueux du lien mère-enfant. Je n'en pense que du bien.

 

Après effectivement il faut bien choisir son psy (psychiatre, psychologue, psychotérapeute). Si ça ne colle pas, il faut vraiment changer jusqu'à trouver la personne avec qui sa colle et le CMP comme n'importe quelle institution ne garantie pas la compatibilité médecin/patient.

 

Mais en résumé vive le CMP parce que :

- rendez vous rapide

- gratuité des soins

- anonyma garantie

- il y en a dans toute la France, suffit de regarder dans les pages jaunes

Repost 0
Published by Léto
commenter cet article
1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 09:12

Au regard des malades que j'ai croisés, dont j'ai lue les écrits dans les forums, je trouve qu'il y a 2 catégories : ceux qui accepte le diagnostique c'est à dire comprenne qu'ils sont malade et ceux qui refusent tout en bloc. Ces derniers se font quand même soignés mais plus ou moins contraints et forcés et surtout ne se remettent absolument pas en cause et rejettent toute responsabilité sur les médecins et psychiatres. Ceux là risquent de retourner plusieurs fois à l'hôpital, prennent mal leurs médicaments et leur chance de "guérison" est très restreinte.

 

Mais la prise de conscience est difficil. C'est douleureux d'accepter le fait que notre cerveau déraille, est défectueux, qu'on ne peut pas compter sur lui, que pour aller bien il faut prendre des médicaments. C'est un cap très difficil à passer.

 

Je crois que ce qui m'a permis de passer ce cap, c'est d'avoir une famille que je ne voulais pas détruire et un très fort désire de bonheur. Je n'ai pas eut une enfance particulièrement heureuse, par contre ma vie d'adulte est un bonheur total. Peut être qu'il a fallut que je passe par la case folie pour pouvoir accepter ce bonheur ? Il doit y avoir un peu de ça.

Repost 0
Published by Léto
commenter cet article
29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 08:31

Bien bien avant d'avoir mon délire paranoïaque, dès mon adolescence j'avais cette impression, cette quasi-certitude d'être une victime, d'avoir subie quelque chose quand j'étais petite. Ce doute revient périodiquement mais de moins en moins depuis que je prend mes médicaments.

 

Durant mon délire d'il y a 4 ans je croyais sincerement être la victime d'un de mes proches.

 

Ces 2 cas sont différents.

 

Dans le 1er cas la douleur est de ne pas savoir, d'être dans l'incertitude. M'a t on vraiment fait du mal ? Si oui que m'a t on fait ? A quel occasion ? Pourquoi je n'ai pas été protégée ? Si non pourquoi ais je cette impression ? Pourquoi cette douleur au fond de mon être ? J'ai interrogé mes parents qui nient que quoique se soit ne me soit arrivé. J'ai cherché, cherché des éléments, des "preuves". Rien de rien. Cette douleur ne serait alors que du vent ? Cette idée ne me soulage pas du tout. Parce que la douleur est là, bien réel même si grâce aux médicaments je la met de coté. Je pense que je ne saurais jamais la Vérité. Je pense que jamais personne ne pourra m'apporter la preuve que rien ne s'est passé quand j'étais petite et je resterai à jamais dans le doute.

 

Dans le 2e cas la douleur a été vive durant mon délire mais une fois que j'ai repris conscience, que j'ai repris pied avec la réalité, la douleur s'est envolé avec ma folie. Et ce fut un très grand soulagement, une libération de me rendre compte que je n'étais pas une victime, que mon proche ne m'avait strictement rien fait, que tout était dans mon imagination. Ce soulagement ne peut intervenir que s'il n'y a aucun doute, qu'il y a une certitude que ce n'était qu'un délire. C'est aussi pour ça que j'aime tellement mes médicaments : je sais qu'ils m'évitent de souffrir, qu'ils m'évitent de me torturer. Parce que finalement, dans ce dernier cas, le tortionnaire c'était moi.

Repost 0
Published by Léto
commenter cet article
28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 08:44

Je pense que la majorité des gens croient qu'on est fou tout le temps ou pas du tout. Or il existe un état intermédiaire, le mien, où on est fou que de temps en temps.

 

A 99% je vais bien, je mène une vie normal quoique un peu recluse. Et puis soudain, il y a un truc qui déconne. J'ai une idée, toujours la même, qui m'obsède de plus en plus. Très rapidement je ne pense plus qu'à ça. Si je ne prend pas mes médicaments rapidement je passe à l'étape suivante : l'idée 1ere m'amène à croire que l'on me ment puis qu'on me veut du mal. Et là je me sens persécuttée, j'en arrive même à croire que l'on m'a réellement fait du mal.

 

Donc je ne suis pas paranoïaque tout le temps. A 99,9% du temps je suis sereine et vie ma vie tranquilement. Je ne suis paranoïaque que quand il y a un déclencheur et que je ne prend pas mes médicaments tout de suite.

 

Comparé à d'autre je dois être privilégié. Etre paranoïaque 24h/24 doit être une vraie torture.

 

Mais je reconnais aussi un petit fond de parano quand même dans mon quotidien : j'aime par dessus tout être chez moi, calfeutré dans ma maison; je ne suis pas très à l'aise avec les gens et j'ai très peu d'ami... en faite non je n'ai que des relations, pas d'ami. Parfois ne pas avoir d'ami me manque, mais la pluspart du temps non (heureusement j'ai une famille). Par contre j'arrive quand même à sortir de chez moi et même à voyager.

 

Voilà pourquoi dans les tribunaux, les psychiatres essayent de savoir s'il y a eut démence au moment des faits. Car on peut péter un plomb à un instant T et retrouver la raison après. Et je crois que c'est ce moment là le pire : se rendre compte qu'on a fait des choses horribles à cause d'un raisonement dément. Beaucoup de malades préfèrent d'ailleur tout oublier plutôt que de supporter la culpabilité de leur actes déments. Des actes qui, si les gens n'avait pas été pris de folis, n'auraient jamais été commis.

 

Personnellement je me souvient de tout ce que j'ai fait durant ma crise de paranoïa. Quand je suis allée mieux, je me suis excusée au près de tout ceux que j'avais blessé (pas physiquement hein, je n'ai blessé qu'avec des mots). Mais rien que ça, a été difficil. J'avais tellement honte de toute les paroles que j'avais dites. C'est un peu (en faite c'est pire) comme si vous aviez pris une grosse cuite, que vous aviez vomie partout chez la personne qui vous invitait et que vous partiez sans rien nettoyer et en claquant la porte. Le lendemain, vous avez de nouveau l'esprit clair et vous vous rendez compte des litres de vomie que vous avez laissé chez votre copain. C'est pire parce que prendre une cuite tout le monde sait ce que sait, tout le monde sait que ce n'est pas systématique, tout le monde sait quoi faire fasse à quelqu'un de bourrer et quasiment tout le monde à connue au moins une fois une cuite dans sa vie. Une crise de folie, la pluspart des gens ne savent pas ce que c'est, ne savent pas que cela peut être temporaire et ne plus jamais se reproduire. Les gens en ont peur, ils ne savent pas comment réagir, ils ne savent pas quoi faire pour arreter la crise. Et un effet : une bonne douche froide ne suffit pas à éclaircir les idées d'une personne prise de folie. Seule les médicaments peuvent faire quelques choses. Seul un psychiatre en urgence à l'hôpital peut préscrire ce médicament.

 

Une seule personne n'a pas voulu entendre mes excuses, elle ne savait pas que j'avais été malade, elle ne savait pas que je me soignais, elle a voulu se protéger et m'a repoussée. Je la comprend. Mais j'aurais bien voulus m'expliquer, qu'elle ne garde pas un tel souvenir de moi.

Repost 0
Published by Léto
commenter cet article
27 juin 2010 7 27 /06 /juin /2010 09:36

C'est grâce à ma crise de folie que j'ai compris pourquoi dans l'ex URSS et encore en Chine maintenant, les autorités mettent les discidents en psychiatrie.

 

Entendant nous bien : les anti-psychotiques soignent vraiment les malades en crise mais ils sont aussi une arme redoutable. Certains ne peuvent même pas être prescrit par un médecin généraliste, seul le psychiatre est autorisé à l'administrer.

 

L'effet le plus retord c'est que je ne réalisais pas que j'étais shooter sur le moment. J'étais juste heureuse de ne plus souffrir. Et puis des petits détails sont apparus :

- je n'arrivais plus à écrire correctement. C'était extrèmement difficil de tenir et de diriger le crayon. L'une des 2 pensionnaires avec qui je partageais ma chambre m'a un jour demander de lui écrire sa lettre : j'en étais tout aussi incapable qu'elle. Je n'ai réussi qu'à écrire une ligne de 4 mots en majuscule.

- je n'arrivais plus à lire. J'adore lire mais là à l'hôpital impossible. Même en relisant la phrase 4 ou 5 fois je n'y comprenait rien et surtout je n'éprouvait aucun interêt. En sortant de mon internement, mon traitement a été diminué et j'ai pus lire un peu mais sans le plaisir que j'éprouvait avant pour la lecture. (Maintenant ouf ça va)

- ma famille m'avait apporté des sudoku niveau 1 : impossible, trop compliqué pour mon cerveau au ralenti (aujourd'hui j'en fait niveau démoniaque en 30mn pour que vous mesuriez à quel point ces médicaments sont dévastateurs)

- mais là où j'ai vraiment réalisé à quel point j'avais été shooté, c'est lors des scéances IRM. J'en ais fait 3 en tout. La dernière d'une heure était pour une étude scientifique, je n'étais plus interné, je vivais chez moi avec des doses bien moindre qu'à l'hosto. Et bien j'était morte de trouille vue que je suis un peu claustrophobe. Alors que la 1ere IRM quelques jours après mon internement... hé bien j'étais tellement "cool" que j'ai failli m'endormir dans la machine ! Même avec le bruit infernal.

 

La pluspart d'entre nous en faite passions nos journée au ralentis, à parler entre nous, à fumer des clopes dans la salle fumeur (nous n'avions pas le droit de sortir sauf excetion dont je vous reparlerai), à écouter de la musique sur nos baladeurs, à colorier des mandala comme des enfants en maternelle (et encore, ça c'est quand on allait pas trop mal) et à savourer nos repas. Et personne ne s'ennuyait tellement on était tous des zombies.

 

Ah la nourriture ! L'inconvénient majeur de ces médicaments : ils donnent affreusement faim. Nous avions tous dans nos placards des boites de gateau, biscuit, etc. Une fois même m'a t on dit, un infirmier a bien voulu commander des pizzas pour les malades en plus des 3 repas de la journée. Tous les matins avant la prise de médicaments avant le petit déjeuné les infirmiers nous passait sur la balance. Sur le moment je m'en foutait d'autant plus qu'on ne m'avait pas prévenue. Je savais juste que j'avais faim et je mangeais tout mon plateau repas avec plaisir (quand on connait la qualité de la nourriture à l'hôpital vous devez bien imaginer dans quel état de faim on était). Résultat  on grossissait tous de 1 ou 2kg par semaine. Au moins.

 

Pour résumé ces médicaments à haute dose transforme un être humain en légume. Mais je le répète : c'est grâce à ces médicaments que j'ai pus redescendre sur terre, prendre conscience de mon pétage de plomb et surtout retrouver la paix. Mais ils sont vraiment à manier avec grande précaution. Et trouver le bon dosage n'est pas toujours évident.

Repost 0
Published by Léto
commenter cet article
25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 11:38

Il y a à peu près 4 ans donc j'ai subie une crise de délire paranoïaque. C'est à dire que je souffrais atrocément, que je croyais qu'un être très cher me voulait du mal et y avait même réussit. Après une folle nuit sans dormir, j'étais en larme, je me pliait parfois de douleur tellement mon psychisme me faisait du mal, j'étais incapable de faire quoique ce soit mis à part souffrir et me torturer en ressassant éternellement toute les horreures que je croyais qu'on m'avait faite, toute ma vie détruite.

 

Heureusement mes parents on réussi à m'amener aux urgences psychiatrique mais ce n'étais pas la fin de mes souffrances. J'y reviendrais dans un autre post (comme je reviendrais aussi peut être sur ma crise).

 

Non, aujourd'hui ce dont j'ai envie de parler c'est ce moment délicieux où enfin j'ai cessé de souffrir, où j'ai retrouvée la paix, la quiétude et la sécurité. Cela devait faire 1h ou 2 que j'avais pris les médicaments prescrit par la psychiatre aux urgences et j'étais complètement dans la brume. Je me souviens que 2 infirmiers m'ont amené en voiture de l'aile des urgences à l'aile des séjours. Plus tard je me suis rendue compte que cela n'était pas très loin mais avec la fatigue et les médicaments de chocs, j'aurais été incapable de faire le trajet à pied. Les infirmiers m'avaient sortie de la voiture, accompagnée au 2e étage, ouvert la porte fermée à clef du service puis amenée dans ma chambre, mise sur mon lit, celui du milieu, dans une pièce qui en comportait 3. J'étais pour le moment seule dans ma chambre. Et j'étais bien. J'étais merveilleusement bien. Des gens compétents s'occupaient de moi, je n'avais plus rien à décider, plus à rien à m'occuper, les médicaments avaient arreté mon disque rayé. Je pouvais enfin baisser la garde, ne plus penser à ma vie. Juste savourer ce moment de total sécurité et de calme. Je savais que personne ne viendrait me faire du mal, qu'on allait s'occuper de moi et penser mes blessures. Je savais que je n'avais rien d'autre à faire que de savourer cette quiétude. Je n'avais plus d'obligation, plus de devoir. J'étais un coton au milieu d'un nuage de coton.

 

J'étais enfermée dans un hôpital psychiatrique, dans un service où sejournait une dizaine de malades mentaux, où les douches n'étaient ouvertes qu'une heure le matin et en fin d'après-midi, où les fenêtres ne souvraient que de 5cm, où les malades étaient tous shootés aux médicaments, où n'importe qui de sain d'esprit partirait en courant. Mais pour moi, à ce moment là, c'était mon ilot de bonheur.

 

Cet état pour moi me revient sous la forme d'une photo : moi en position foetal sur mon lit et un médecin ? infirmier ? debout devant la fenêtre, bras croisé me demandant comment je vais. Et je lui répond que je vais bien. Que ca va. Que je me sens bien ici. Et je m'endort. Enfin.

Repost 0
Published by Léto
commenter cet article
24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 11:49

Je sais quand mon cerveau s'avance sur la pente de la folie : une idée bien précise me vient en tête. Quand tout va bien je n'y pense pas. Quand ça ne va pas j'y pense.

 

Mon psychiatre à l'époque m'avait dit que je pouvais arreter mon médicament car tout allait bien depuis un certain temps. Et puis, un jour soudain, après une parole d'un de mes proches, boum, l'idée honnit est là. Je décide d'affronter seule cette pensée. Je me dis que je vais arriver à la remettre dans sa boite. Mais non, chaque jour cette pensée grossit jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien d'autre : je ne pensait qu'à ça, tout le temps. Une obsession, à retourner chaques arguments, chercher chaques détails dans ma vie qui confirme ce que mon cerveau malade imagine comme vrai. Et cette idée me faisait mal, me faisait souffir, remettait en question 15 ans de ma vie, comme si j'avais vécu 15 ans dans le mensonge. Une souffrance psychique abominable. Et rien, rien ne pouvait éloigner ces pensés noirs de moi. Je ne pouvais plus rien faire d'autre que de penser à ça. Je ne désirais rien d'autre que penser à ça. Ca qui me tord le ventre et m'anéantis.

 

Au bout de 5 jours de cette torture grandissante, je suis passée au stade du dessus : mon cerveau a entendu une voix. Et ce que disait cette voix me ramenait à une autre souffrance encore plus grande. Une étape était franchis. La prochaine, je le savais pour l'avoir vécue il y a 4 ans c'était de capituler et au lieu de simplement penser, d'agir en fonction de mon délire. Et là c'est la porte de l'enfer qui s'ouvre.

 

Ma grande victoire a été d'appeler à l'aide au lieu de sombrer. Au lieu de croire ce que 99% de mon cerveau me disait comme vrai, j'ai pris la décision de croire le 1% restant qui me disait : va voir un médecin, il va t'aider. Et il m'a aidé. Il m'a dit : reprenez vos médicaments, revenez me voir dans 10 jours. Même pas 24h après avoir pris mes médicaments, j'allai mieux : mon cerveau cessait d'être obnubilé par son obsession et je pouvais reprendre le cour de ma vie. Tout simplement. Sans blabla, sans prise de tête, sans rechercher un sens à tout ça. Juste en prenant une petite pillule.

 

Je n'ai vue mon psychiatre que 3 semaines plus tard. Après la bataille. Mon psychiatre ne prend pas en urgence. C'est mon médecin généraliste qui m'a tendu la main et qui m'a sauvée.

 

PS : je crois en la psychologie, je crois sincerement que la psychologie peut aider, soigner. En ce qui concerne la psychiatrie, je ne croie qu'aux médicaments.

Repost 0
Published by Léto
commenter cet article
23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 13:17

Un des gros problème que j'ai rencontré après ma crise de paranoîa a été la perte de confiance, la perte de la fiabilité de mes sens. Je ne pouvais plus me fier à mon audition qui m'avait fait entendre une voix. Je ne pouvais plus me fier à ma mémoire qui m'avait fait croire des choses erronnées. Je ne pouvais même plus croire en mon intellect qui avait raisonné de manière caduc et fausse. En réalisant tout ceci, une angoisse inimagineable m'a englobée toute entière. Comment prendre une décision alors que vous ne pouvez plus vous fiez à vous même ? Comment agir si vous doutez de chaque information ? Comment être sûr que ce que je pense est en accord avec la réalité et non pas basé sur les chimères de la folie ?

 

Il a fallut du temps, beaucoup de temps pour que je sorte de cet état catastrophique de doute permenant et de peur. Peur d'agir, peur de décider, peur de simplement réflechir. Presque un an et demie. Un an et demie à ne pas vivre, à fuire la vie, à fuire tout évènement qui demande réflexion. Dès que je pouvais je me réfugiais dans mon lit pour n'en sortir que contrainte et forcée. Les médicaments ne m'aidaient pas : au contraire ils m'inscitaient à dormir plus que nécessaire. Ma psychiatre ne m'aidait pas : mais vous allez bien là, non ? Et je lui répondais : oui, là ça va dans votre bureau mais chez moi non ça ne vas pas. Je pense qu' elle ne me croyait pas et moi je n'arrivais pas à lui décrire ma non-vie. J'avais honte de lui dire que je passais 15h sur 24 dans mon lit en état de somnolence. Je la sentais en colère contre moi, j'avais peur qu'elle soit jalouse de moi et je ne savais comment lui dire tout ce que j'écris ici. C'est sûr que cela ne l'a pas aidée à s'occuper de moi. Les médecins sont des êtres humains, pas des Dieux omniscient.

Repost 0
Published by Léto
commenter cet article
22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 11:10

Super, mon médecin généraliste vient enfin de me donner le dosage maximum de mon anti-psycotique : 4mg. Comme ça je peut m'autosoigner sans risque en cas de crise. Mais honnêtement si je prend un jour 4mg c'est qu'il faut que j'aille à l'hôpital. Parce que là je prend 1mg et déjà je ressemble plus à un escargot qu'à une fourmie.

 

C'est tout le problème de ce genre de médicament : si j'en prend trop, je me transforme en zombie/marmotte/paresseux. Dans une prochaine note je parlerai de l'année que j'ai passée apres mon hospitalisation pour paranoïa ou comment une psychiatre pour se faciliter la vie m'a shooter aux médoc.

 

Aujourd'hui donc je suis à 1mg, je pense jusqu'à ce que je vois mon psychiatre dans 3 semaines. Pour moi ça veut dire :

- endormie entre 21h30-22h même devant le meilleur film du monde et se lever à 7h en se disant que j'aurais bien dormie 2h de plus;

- impossible de lire plus d'une demie-heure d'affilée même avec un Stephen King;

- prendre le moins possible la voiture;

- faire des listes pour ne rien oublier;

- moins de sensations aussi bien physique que morale (moins de douleur mais moins de plaisir aussi)

- se forcer à ne PAS dévaliser le frigidaire

- et le pire : s'accrocher à la conversation même si je n'arrive plus à suivre au bout de 30mn.

 

Peut être que je suis particulièrement sensible aux anti-psycotique. Peut être que c'est parce que je suis très fatiguée. Peut être que c'est différent pour les autres. Je ne sais pas.

 

Le côté positif c'est que les symptomes disparaissent et que le calme revient dans ma tête. Finis les angoisses, finis les sensation visuels bizarres, fini les prises de tête. Bref tout rentre dans l'ordre et ça c'est bien.

 

Et puis le calme est revenue pas seulement à cause des médicaments mais aussi parce que j'ai vue mon medecin. Ce n'est pas un psychologue. C'est un medecin généraliste pas très bavard. Mais il est à l'écoute et je sais que je peut compter sur lui. Et ça, ça rassure. Beaucoup. Comme si je n'étais plus totalement seule façe à la vague. Je suis sur mon petit bâteau mais il y a quelqu'un sur la cote qui sais que je suis en mer et qui me donne de nouvelles rames. Et il en a plein en stock.

Repost 0
Published by accrocher-a-la-realite.over-blog.com
commenter cet article

Présentation

  • : Accrocher à la réalité : témoignage d'une folle lucide
  • Accrocher à la réalité : témoignage d'une folle lucide
  • : Ayant subie une crise de délire paranoïaque il y a quelques années, je livre mon témoignage sur ce que j'ai vécue et mon opinion sur cette maladie
  • Contact

Important

Je ne suis pas médecin, ni psychiatre, ni psychologue

Si vous avez un problème psychiatrique : allez consulter, prenez vos médicaments.

Chaque malade est different : je ne prétend pas que tout les malades mentaux réagissent comme moi

Recherche

Texte Libre

<a href="http://www.annuaire-blog.eu"><img src="http://www.annuaire-blog.eu/template/3col/button.png" border="0"></a>

Archives

Liens