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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 11:38

Il y a à peu près 4 ans donc j'ai subie une crise de délire paranoïaque. C'est à dire que je souffrais atrocément, que je croyais qu'un être très cher me voulait du mal et y avait même réussit. Après une folle nuit sans dormir, j'étais en larme, je me pliait parfois de douleur tellement mon psychisme me faisait du mal, j'étais incapable de faire quoique ce soit mis à part souffrir et me torturer en ressassant éternellement toute les horreures que je croyais qu'on m'avait faite, toute ma vie détruite.

 

Heureusement mes parents on réussi à m'amener aux urgences psychiatrique mais ce n'étais pas la fin de mes souffrances. J'y reviendrais dans un autre post (comme je reviendrais aussi peut être sur ma crise).

 

Non, aujourd'hui ce dont j'ai envie de parler c'est ce moment délicieux où enfin j'ai cessé de souffrir, où j'ai retrouvée la paix, la quiétude et la sécurité. Cela devait faire 1h ou 2 que j'avais pris les médicaments prescrit par la psychiatre aux urgences et j'étais complètement dans la brume. Je me souviens que 2 infirmiers m'ont amené en voiture de l'aile des urgences à l'aile des séjours. Plus tard je me suis rendue compte que cela n'était pas très loin mais avec la fatigue et les médicaments de chocs, j'aurais été incapable de faire le trajet à pied. Les infirmiers m'avaient sortie de la voiture, accompagnée au 2e étage, ouvert la porte fermée à clef du service puis amenée dans ma chambre, mise sur mon lit, celui du milieu, dans une pièce qui en comportait 3. J'étais pour le moment seule dans ma chambre. Et j'étais bien. J'étais merveilleusement bien. Des gens compétents s'occupaient de moi, je n'avais plus rien à décider, plus à rien à m'occuper, les médicaments avaient arreté mon disque rayé. Je pouvais enfin baisser la garde, ne plus penser à ma vie. Juste savourer ce moment de total sécurité et de calme. Je savais que personne ne viendrait me faire du mal, qu'on allait s'occuper de moi et penser mes blessures. Je savais que je n'avais rien d'autre à faire que de savourer cette quiétude. Je n'avais plus d'obligation, plus de devoir. J'étais un coton au milieu d'un nuage de coton.

 

J'étais enfermée dans un hôpital psychiatrique, dans un service où sejournait une dizaine de malades mentaux, où les douches n'étaient ouvertes qu'une heure le matin et en fin d'après-midi, où les fenêtres ne souvraient que de 5cm, où les malades étaient tous shootés aux médicaments, où n'importe qui de sain d'esprit partirait en courant. Mais pour moi, à ce moment là, c'était mon ilot de bonheur.

 

Cet état pour moi me revient sous la forme d'une photo : moi en position foetal sur mon lit et un médecin ? infirmier ? debout devant la fenêtre, bras croisé me demandant comment je vais. Et je lui répond que je vais bien. Que ca va. Que je me sens bien ici. Et je m'endort. Enfin.

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Published by Léto
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  • : Ayant subie une crise de délire paranoïaque il y a quelques années, je livre mon témoignage sur ce que j'ai vécue et mon opinion sur cette maladie
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Je ne suis pas médecin, ni psychiatre, ni psychologue

Si vous avez un problème psychiatrique : allez consulter, prenez vos médicaments.

Chaque malade est different : je ne prétend pas que tout les malades mentaux réagissent comme moi

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