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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 11:49

Je sais quand mon cerveau s'avance sur la pente de la folie : une idée bien précise me vient en tête. Quand tout va bien je n'y pense pas. Quand ça ne va pas j'y pense.

 

Mon psychiatre à l'époque m'avait dit que je pouvais arreter mon médicament car tout allait bien depuis un certain temps. Et puis, un jour soudain, après une parole d'un de mes proches, boum, l'idée honnit est là. Je décide d'affronter seule cette pensée. Je me dis que je vais arriver à la remettre dans sa boite. Mais non, chaque jour cette pensée grossit jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien d'autre : je ne pensait qu'à ça, tout le temps. Une obsession, à retourner chaques arguments, chercher chaques détails dans ma vie qui confirme ce que mon cerveau malade imagine comme vrai. Et cette idée me faisait mal, me faisait souffir, remettait en question 15 ans de ma vie, comme si j'avais vécu 15 ans dans le mensonge. Une souffrance psychique abominable. Et rien, rien ne pouvait éloigner ces pensés noirs de moi. Je ne pouvais plus rien faire d'autre que de penser à ça. Je ne désirais rien d'autre que penser à ça. Ca qui me tord le ventre et m'anéantis.

 

Au bout de 5 jours de cette torture grandissante, je suis passée au stade du dessus : mon cerveau a entendu une voix. Et ce que disait cette voix me ramenait à une autre souffrance encore plus grande. Une étape était franchis. La prochaine, je le savais pour l'avoir vécue il y a 4 ans c'était de capituler et au lieu de simplement penser, d'agir en fonction de mon délire. Et là c'est la porte de l'enfer qui s'ouvre.

 

Ma grande victoire a été d'appeler à l'aide au lieu de sombrer. Au lieu de croire ce que 99% de mon cerveau me disait comme vrai, j'ai pris la décision de croire le 1% restant qui me disait : va voir un médecin, il va t'aider. Et il m'a aidé. Il m'a dit : reprenez vos médicaments, revenez me voir dans 10 jours. Même pas 24h après avoir pris mes médicaments, j'allai mieux : mon cerveau cessait d'être obnubilé par son obsession et je pouvais reprendre le cour de ma vie. Tout simplement. Sans blabla, sans prise de tête, sans rechercher un sens à tout ça. Juste en prenant une petite pillule.

 

Je n'ai vue mon psychiatre que 3 semaines plus tard. Après la bataille. Mon psychiatre ne prend pas en urgence. C'est mon médecin généraliste qui m'a tendu la main et qui m'a sauvée.

 

PS : je crois en la psychologie, je crois sincerement que la psychologie peut aider, soigner. En ce qui concerne la psychiatrie, je ne croie qu'aux médicaments.

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Published by Léto
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Arkham 23/11/2011 23:02

Bonsoir Léto

Concernant ta dernière ligne, c'est ce que j'ai remarqué aussi, les psychologues sont plus sensibles aux psychiatres, il t'écoutent et veulent t'aider, même si ils ne sont pas des médecins, pour
les psychiatres, ils se comportent comme si la personne venait pour un rhume, totalement froid et indifférent, il attend que tu termines pour te préscrire tes médicaments

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  • : Accrocher à la réalité : témoignage d'une folle lucide
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  • : Ayant subie une crise de délire paranoïaque il y a quelques années, je livre mon témoignage sur ce que j'ai vécue et mon opinion sur cette maladie
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Je ne suis pas médecin, ni psychiatre, ni psychologue

Si vous avez un problème psychiatrique : allez consulter, prenez vos médicaments.

Chaque malade est different : je ne prétend pas que tout les malades mentaux réagissent comme moi

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